Smadja (Brigitte), Il faut sauver Saïd


SOS pour Saïd
Il faut sauver Saïd, de Brigitte Smadja
Brigitte Smadja, Il faut sauver Saïd.
Paris, L'Ecole des Loisirs, coll. "Neuf",
2003, 92 pages.

Quatrième de couverture :

Saïd a aimé le travail bien fait, la langue française et ses richesses, les dictionnaires, la beauté sous toutes ses formes.
Il a aimé être un bon élève.
Mais c'était avant. Il y a longtemps. Il y a un an.
Avant le collège Camille-Claudel, la foule hurlante de ses mille deux cents élèves, le racket, la fatigue, le mépris, et la haine de ceux qui veulent tuer tout ce qui est beau.
Au collège, Saïd a changé. Ce n'est pas qu'il ne veut plus réussir et s'en sortir. Il le veut toujours, de toutes ses forces. C'est juste que, des forces, il en a de moins en moins.
Tout seul, il sait qu'il n'y arrivera pas. Alors il s'accroche à ce qu'il peut : une sortie à Paris au musée d'Orsay, un tableau qui représente des fleurs blanches sur un fond noir, son ami Antoine qui baigne dans la culture, le caractère d'un prof qui ressemble à l'acteur de Mission impossible ...
Sauver Saïd de l'échec et du désespoir, est-ce vraiment mission impossible ?


Quelques passages du livre :

« Peut-être qu’à la fin de l’année, je donnerai mon cahier à Nadine et elle saura qu’elle s’est trompée : ça ne sert à rien d’avoir appris à lire, à écrire et à compter, ça ne sert à rien d’être bon élève. » (p. 10).

« Le collège Camille-Claudel, c’est comme chez moi. La télé est allumée, des voix murmurent ou crient, et c’est toujours un film de guerre. » (p. 18).

« […] Je croyais que tout allait s’arranger après ça, mais, juste avant de nous quitter, le proviseur a tout gâché en disant avec un petit sourire :
- Vous devriez mieux tenir votre classe, madame Beaulieu.
Tenir votre classe, j’aimerais bien le voir lui. Il est toujours tranquille dans son bureau. D’ailleurs, c’était la première fois qu’on le voyait dans une classe. Le proviseur était caché derrière la vitre. Pendant cinq minutes, on a été sages et dès qu’il a disparu, la vacarme a repris, comme avant, et même pire. » (p. 20).

« Moi, je pourrais très bien réussir, si je le voulais, dit Mme Beaulieu. Elle ne comprend pas que je le veux, de toutes mes forces, mais que des forces, j’en ai de moins en moins. » (p. 35).

« J’ai d’autres problèmes, et ça, Mme Beaulieu et M. Théophile ne le savent pas. Ils n’imaginent pas ma vie  en dehors des murs en carton de leur classe. » (p. 35).

« - On n’est pas français, nous ? Je suis né en France, et toi aussi et Samira et Mounir. Qu’est-ce que je suis si je suis pas français ? Pourquoi Samira elle aurait pas le droit d’aimer Kevin si elle veut ?
- Tu ne seras jamais français ! a crié Abdelkrim, jamais ! » (p. 40).

« J’ai d’autres problèmes, et ça, Mme Beaulieu et M. Théophile ne le savent pas. Ils n’imaginent pas ma vie  en dehors des murs en carton de leur classe. » (p. 35).

« Dans une salle, un petit tableau représentait des fleurs blanches sur un fond noir. Combien de temps je suis resté devant ses fleurs ? Je ne me souviens pas, mais plus je les regardais, plus j’étais heureux dans un monde sans mots, sans sons, comme Mounir quand il fait ses puzzles, qu’il rassemble un à un tous les morceaux pour construire ses paysages. » (p. 51).

« Je m’en fichais complètement de la guerre de Troie. Ma guerre à moi est plus difficile, elle est invisible, elle n’a ni alliés ni ennemis. Je suis tout seul enfermé dans le cheval de Troie, un cheval en carton. » (p. 60).

« J’ai rien dit à cause de toi. Manu m’a pris mon blouson et il m’a dit que si je le dénonçais, il en parlerait à Tarek et que Tarek te démolirait ; j’ai rien dit parce que t’es mon pote et que je m’en fous de mon blouson. » (p. 63).

« J’ai plusieurs vies : une, à la maison, où je m’occupe de construire un château fort avec Mounir, une où je lutte pour travailler dans le bruit infernal du collège, une où j’ai tellement peur que je suis anesthésié. » (p. 71).

« C’est mieux pour Abdelkrim d’être loin. C’est où l’Algérie ?
J’ai regardé sur une carte et, pour la première fois, j’ai compris que l’Algérie est en Afrique. Mes parents ne parlent pas de l’Algérie sinon pour nous répéter que, là-bas, c’était mieux. Si c’est vrai, pourquoi ils n’y retournent pas ? » (pp. 87-88).

réalisé par Cédric
le 24 juin 2013
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