Keyes (Daniel), Des fleurs pour Algernon


Aux frontières de l'intelligence
Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes
Daniel Keyes, Des fleurs pour Algernon.
Paris, Editions 84, coll. "J'ai lu",
2004, 256 pages.

Quatrième de couverture :

Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclus, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner à l'état de bête.


Quelques passages du livre :

« Je savez pas que les souris été aussi un télijente » (p. 13)

« La motivacion d’Algernon cé le driomage qu’ils mètent dans la boite. Mais ca peut pas ètre seulement ca pasque j’ai pas eu de fromage cete semène. » (p. 14)

« J’ai dit sa m’est égal passe que je n’ai peur de rien. Je suis très fort et je fait toujours de mon mieu et en plus j’ai ma pate de lapin porte boneur et je n’ai jamais cassé un miroir e ma vie. J’ai laissé tombé des asiètes une fois mais ca ne conte pas pour porté movaise chance. » (p. 15)

« Le Pr Nemur dit que si elle réussi bien et définitiveman ils pourron rendre d’otre jen come moi un télijen eux aussi. Peut ètre des jens dans le monde antier. Et il a dit que ça signifiai que je vai faire quelque chose de grand pour la sience et que je serai célèbre et que mon non restera dans les livres. Je ne tien pas telement à ètre célèbre. Je veu simpleman devenir un télijen come les otres de manière que je puisse avoir des tas d’amis qui m’aime bien. » (p. 16)

« Elle dit qu’elle ne les aurait jamais laissés lui faire des choses au cerveau pour tout l’or du monde, c’était pour me rendre intelligent. Et elle a dit que peut être il n’avait pas le droit de me rendre intelligent parce que si Dieu avait voulu que je sois intelligent, il m’aurait fait naitre intelligent. Et il ne faut pas oublier Adam et Eve et le péché avec l’arbre de la science, et la pomme mangée et la chute. Et peut être que le Pr Nemur et le Dr Strauss touche à des choses auxquelles il n’ont pas le droit de toucher […]. Elle a dit que je ferais peut être mieux de prier le bon Dieu pour lui demandé pardon de ce qu’ils m’ont fait. Je n’ai pas mangé de pomme et je n’ai pas fait de péché. Et maintenant j’ai peur. Peut être je n’aurais pas du les laissés m’opérer le cerveau comme elle dit si c’est contre le volonté de Dieu. Je ne veux pas mettre Dieu en colère. » (p. 19)

« En tous cas je ne comprends rien à cette télé. Je la trouve bête. Si on peut devenir intelligent en allant dormir alors pourquoi les gens vont-ils à l’école. Je ne crois pas que ce truc marchera. J’avais l’habitude de regarder la télé très tard avant d’aller dormir et cela ne m’a jamais rendu intelligent. Peut-être qu’il n’y a que certains films qui vous rendent intelligent. Peut-être par exemple les jeux à la télé. » (p. 27)

« Miss Kinnian dit que j’apprends vite. Elle a lu quelques-uns de mes comptes rendus et elle m’a regardé d’un air drôle. Elle dit que je suis un excellent garçon et que je leur montrerai que je vaux mieux qu’eux. Je lui ai demandé pourquoi. Elle a dit que cela n’avait pas d’importance mais qu’il ne faudrait pas que j’aie de la peine si je découvrais que tout le monde n’était pas aussi gentil que je le crois. Elle dit pour un garçon à qui Dieu a si peu donné tu as fait plus qu’un tas de gens qui ont un cerveau dont ils ne se servent même pas. J’ai dit que tous mes amis sont des gens intelligents et bons. Ils m’aiment bien et ne m’ont jamais rien fait qui ne soit pas gentil. » (p. 36)

« Je suis un être humain. J’en étais un avant de passer sous le couteau du chirurgien. Et j’ai besoin d’aimer quelqu’un. » (p. 74)

« Je suis un adolescent sexuellement retardé. » (p. 87)

« La plupart partageaient les sentiments de Joe, Frank et Gimpy. Tout avait été très bien tant qu’ils pouvaient rire de moi et paraître malins à mes dépens, mais maintenant, ils se sentaient inférieurs à l’idiot. Je commençai à voir que, par mon étonnant développement intellectuel, je les avais comme rabaissés, j’avais souligné leurs inaptitudes, je les avais trahis, et c’est pour cela qu’ils me haïssaient. » (p. 90)

« Mon intelligence a creusé comme un fossé entre moi et tous ceux que je connaissais et que j’aimais, et j’ai été chassé de la boulangerie. Je suis maintenant plus seul que jamais auparavant. Je me demande ce qui se passerait si l’on remettait Algernon dans la grand cage avec quelques-unes des autres souris. Est-ce qu’elles la traiteraient en ennemie ? » (p. 91)

« - Que pourrais-je faire pour toi, Charlie ?
- Je ne sais pas. Je suis comme un animal qui a été lâché et qui ne peut plus rentrer dans sa bonne petite cage bien tranquille.
Elle s’assit près de moi sur le canapé :
- Ils te poussent trop vite. Tu ne sais plus où tu en es. Tu veux être un adulte mais il reste encore un petit garçon en toi. Seul et qui a peur. » (p. 94)

« Même maintenant, quand j’y pense, j’entends le silence épais. Je vois la vitrine de la boulangerie … je tends la main pour la toucher… elle est froide, vibrante et le verre devient chaud… brûlant… me brûle les doigts. La vitrine qui reflète mon image s’éclaircit, et quand elle devient un miroir, je vois le petit Charlie Gordon – il a quatorze ou quinze ans – qui me regarde par la fenêtre de sa maison et c’est doublement étrange de réaliser à quel point il était différent. » (p. 97)

« Bien sûr, tout cela a changé en moi et aussi la manière dont je me considère. Je ne suis plus obligé d’accepter le genre de sottises que les gens m’ont fait avaler toute ma vie. » (p. 103)

« N’importe qui peut se sentir intelligent auprès d’un faible d’esprit. » (p. 103)

« La revoir et revenir en arrière pour apprendre qui j’étais ? Ou l’oublier ? Le passé vaut-il d’être connu ? Pourquoi est-il si important pour moi de lui dire « Maman, regarde-moi. Je ne suis plus un attardé. Je suis normal. Mieux que normal. Je suis un génie ! ». » (p. 140)

« Comment aurais-je pu lui dire ? Que devais-je lui dire ? Voyons, regarde-moi. Je suis Charlie, le fils que tu as rayé de ta vie. Non pas que je te le reproche, mais je suis là, en meilleur forme que jamais. Mets-moi à l’épreuve. Pose-moi des questions. Je parle vingt langues vivantes et mortes ; je suis un génie mathématique, et je compose un concerto pour piano dont on se souviendra longtemps après que j’aurai disparu. » (p. 154)

« En dépit de l’opération, Charlie était encore en moi. » (p. 161)

« […] je ne peux pas le blâmer de ne pas comprendre que, pour découvrir que je suis réellement, le sens de toute mon existence, il me faut connaître les possibilités de mon avenir aussi bien que mon passé, à savoir où je vais aussi bien qu’où j’ai été. Quoique nous sachions tous qu’au bout du labyrinthe se trouve la mort (mais cela je ne l’ai pas toujours su : il n’y a pas si longtemps, l’adolescent qui était en moi pensait que la mort ne pouvait arriver qu’aux autres), je vois maintenant que le parcours que j’ai choisi dans ce labyrinthe m’a fait ce que je suis. Je ne suis pas seulement un être, mais aussi une manière d’être (une manière parmi bien d’autres), et de prendre conscience des couloirs que j’ai suivis et de ceux qui ne restent à prendre m’aidera à comprendre ce que je deviens. » (p. 181)

« Bientôt, je reviendrai peut-être à Warren, pour y passer le reste de mes jours avec les autres … à attendre. » (p. 181)

« Je ne suis pas ton ami. Je suis ton ennemi. Je n’abandonnerai pas mon intelligence sans lutte. Je ne peux pas redescendre dans cette caverne. Il n’y a aucun endroit où, moi, je puisse aller maintenant, Charlie. Il faut donc que tu ne reviennes pas. Reste dans mon inconscient, c’est là ta place, et cesse de me suivre partout. Je n’abandonnerai pas – quoi qu’ils puissent tous en penser. Si solitaire que puisse être mon combat, je veux garder ce qu’ils m’ont donné et faire de grandes choses pour le monde et pour ceux qui sont comme toi. » (p. 206)

« J’ai fini de courir dans le labyrinthe. Je ne suis plus cobaye. J’en ai assez fait. Je veux qu’on me laisse tranquille maintenant. » (p. 234)

« Pourquoi est-ce que je regarde toujours la vie à travers une fenêtre ? » (p. 241)

« C’est bon d’avoir des amis … » (p. 250)

« Si par hazar vous pouvez mettez quelques fleurs si vous plait sur la tombe d’Algernon dans la cou. » (p. 252)

réalisé par Cédric
le 24 juin 2013
 
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